La ville intelligente: Interview Olivier Hersent dans EDF Pulse

The Actility Newsroom

La ville intelligente: Interview Olivier Hersent dans EDF Pulse

Toutes sortes de capteurs et d’appareils « intelligents » vont, dans un avenir proche, surgir dans notre environnement, capables de transmettre des informations sur ce qu’ils détectent autour d’eux. Connectés au sein d’un Internet des objets, ils permettront d’optimiser le fonctionnement d’un réseau électrique, d’assurer plus efficacement la sécurité des biens et des personnes ou encore de réguler le trafic et le stationnement. Olivier Hersent, fondateur et président d’Actility, l’une des entreprises françaises en pointe sur le déploiement de ces réseaux intelligents, nous décrit cette révolution qui est déjà en marche.
 
Olivier Hersent : LoRa est une technologie de communication radio à bas débit et à longue portée pour créer des réseaux d’objets connectés à l’échelle d’une ville, d’un département ou d’un pays. Notre société Actility travaille avec de grands opérateurs (télécoms, fournisseurs d’énergie et d’eau) qui déploient des applications de gestion de leurs réseaux par le biais de capteurs et d’objets pilotés à distance : thermostats intelligents, détecteurs de fumée, compteurs, chaudières, etc.
 
Il faut savoir qu’en 2020, on estime qu’il y aura entre 50 et 100 milliards d’objets connectés. La plupart fonctionneront sur batterie et il faudra qu’ils puissent communiquer via Internet pour au moins 10 à 20 ans. Le bas débit LoRa, quelques centaines de bits par seconde, est largement suffisant pour servir des applications automatisées. Cette technologie est par ailleurs peu gourmande en énergie et peu coûteuse à produire. Un capteur LoRa ne vaut que quelques euros. Les antennes émettrices d’intérieur font la taille d’une boîte d’allumettes tandis que les antennes d’extérieur sont grandes comme une boîte de chaussures pour enfant avec un mat de 1,5 mètre de haut. Nous avons misé sur cette technologie qui nous semble la plus porteuse pour l’avenir proche de l’Internet des objets. Cela peut sembler surprenant, mais il se pourrait bien que dans trois ans, la totalité des pays développés disposent de cet « Internet dans l’air »…
 

Y a-t-il déjà des réseaux LoRa en France?

C’est en cours. Bouygues Telecom est en train de déployer un réseau LoRa. Orange, qui a investi dans notre entreprise, n’a pas encore officialisé ses projets. Des acteurs de la distribution grand public sont aussi sur le créneau. À court terme, on devrait voir deux réseaux publics coexister avec des accords de partage.

En quoi les objects connectés vont-ils changer notre quotidien?

Les objets connectés dont on entend le plus parler actuellement sont à usage personnel. Nous parlons ici d’objets pilotés par les fabricants ou des opérateurs qui s’en servent pour améliorer un service ou optimiser le fonctionnement d’un réseau (électrique, eau, gaz…). Prenons l’exemple d’un thermostat connecté. Le distributeur d’énergie qui le fournit aux particuliers pourra ajuster le pilotage de l’appareil selon la charge du réseau électrique et ainsi pouvoir introduire davantage d’énergies renouvelables. Cela dégagera des économies substantielles au niveau des coûts de gestion de l’équilibrage des réseaux que les acteurs concernés pourront employer afin d’améliorer la valeur des services qu’ils fournissent. C’est ainsi que l’on verra arriver des thermostats et d’autres instruments de ce type qui seront réellement intelligents.

A quoi ressembleront les ‘villes intelligentes’ du futur? 

La localisation et le suivi des biens vont considérablement améliorer la protection contre le vol. Il sera très difficile de perdre un objet dès lors qu’il sera connecté. Les systèmes de sécurité seront aussi beaucoup plus performants. Un détecteur de fumée sera capable d’avertir directement les pompiers en cas d’incendie. Un fournisseur pourra couper l’eau à distance en cas d’inondation. Le stationnement urbain devrait devenir plus aisé. C’est déjà le cas à Paris avec le service Autolib où l’application affiche toutes les places libres à proximité. C’est plus agréable pour l’automobiliste et bien plus « vert » puisque l’on gaspille moins d’énergie à tourner pour trouver une place. La ville elle-même contribuera au stockage et à la distribution de l’électricité verte renouvelable. Dans les entreprises, les câbles des bâtiments connectés seront progressivement remplacés par des capteurs sans fil. Et même votre boîte aux lettres deviendra intelligente et pourra vous prévenir lorsqu’il y a du courrier !